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à propos du cinéma numérique


Il était une fois….. le Cinématographe
Pendant plus de 100 ans, les films ont été tournés et projetés avec de la
pellicule, dont les performances toujours améliorées ont permis aux chefs
opérateurs d’utiliser les qualités qu’ils recherchaient en priorité – contraste,
sensibilité, grain, gamme des gris, densité, etc – et de nous restituer des images
telles qu’ils les avaient imaginées.
En octobre 2002, les 7 principaux studios américains, réunis dans une
structure appelée Digital Cinéma Initiatives (DCI) décidaient que la production
et la diffusion des films se feraient désormais sous un format numérique
normalisé ; sous réserve du respect du standard défini par des experts en
informatique, les images et le son des films sont désormais transformés en
fichiers stockés sur un disque dur appelé Digital Cinéma Package (DCP).
Ce dernier est téléchargeable sur un serveur qui transfère à un projecteur
les données numériques du  » film « .
En 2010 la projection numérique s’est développée de façon exponentielle
dans le monde entier et aujourd’hui, en France, sur 5480 salles 5178
sont équipées en numérique, beaucoup ayant définitivement supprimé leur
équipement 35mm.
La révolution numérique
Ses avantages sont exposés sur le site de Texas Instruments, société
détentrice du brevet DLP cinéma dont elle a assuré la promotion auprès des
membres de la DCI.
 » La technologie DLP cinéma offre des images toujours plus pures, plus
nettes et plus réalistes pour une qualité ultime ; netteté incroyable et couleurs
vives sont au rendez vous. Grâce à la technologie DLP cinéma il n’y a
plus de couleurs délavées, d’images qui sautent ou qui ondulent, d’éraflures
ou d’accumulations de poussières ; DLP cinéma offre une image de qualité
constante sans aucune dégradation dans le temps. Avec les technologies
numériques DLP, les spectateurs peuvent voir un film comme le metteur en
scène l’a voulu, qu’il soit diffusé depuis 1 ou 5 semaines.  »
Money, money
En tant que spectateur, je ne me reconnais pas dans cette formulation,
le film étant considéré avant tout comme un produit pour lequel seul compte
l’emballage ; à une image de qualité  » ultime  » mais sans présence, je préfère
une éraflure sur l’image d’origine, celle que le réalisateur  » a voulue « .
Alors qu’il est enfin reconnu que le support argentique est toujours le
meilleur non seulement pour la conservation à très long terme mais aussi
pour les performances techniques obtenues, pourquoi nous imposer le tout
numérique, à nous exploitants de salles de cinéma, à vous spectateurs ?
Inutile de réfléchir, la réponse est évidente ; à l’exemple de la carte illimitée
justifiée par une  » logique commerciale « , le tout numérique découle
d’une  » logique industrielle  » ; il est donc politiquement incorrect d’en
remettre le bien fondé en question. Je n’aurais pas hésité à le faire si, au
moins, deux arguments plaidaient indiscutablement en faveur de cette
technologie :
– En matière de création elle peut susciter l’éclosion de nouveaux talents, du
fait de la relative simplicité d’utilisation et du coût de plus en plus abordable
du matériel de tournage ; espérons que des producteurs sauront repérer et
accompagner ces réalisateurs de demain.
– En matière de restauration, elle permet de faire exister à nouveau des films
devenus invisibles, leurs négatifs, mal préservés, ayant été détériorés ; nous
allons ainsi vous proposer El Dorado d’Howard Hawks et Fureur Apache de
Robert Aldrich.
Que le spectacle continue
Mais des centaines de copies argentiques sont toujours en très bon
état et disponibles pour tirer des copies 35mm dont les qualités de projection
restent, à ce jour, inégalables ; par contre, grand nombre de ces titres,
parce qu’ils ne possèdent pas un potentiel de rentabilité suffisant, ne sont
pas prêts d’être numérisés, s’ils le sont un jour. Ce sont désormais ceux là qui
deviendront invisibles sur nos écrans avec le tout numérique. Alors au lieu
d’être mis devant le fait accompli, il aurait été préférable de prévoir une
période de transition, en faisant coexister les deux systèmes de projection.
Bien qu’il s’agisse d’un pari difficile à tenir, aussi bien financièrement que sur
le plan de l’organisation c’est ce que j’ai décidé de faire pour que continuent
à exister au moins à « l’action christine » le plus grand nombre de films
quelque soit leur support. Mais mon attachement à la  » pelloche  » reste viscéral,
aussi j’invite tous ceux d’entre vous qui partagent ce point de vue à se
manifester ; loin de toute nostalgie, sans vouloir mener un combat d’arrière
garde, je pense simplement à la préservation des copies 35mm existantes et
à la possibilité de continuer à en obtenir des tirages afin que ne disparaisse
pas définitivement cette technique qui a accompagné plus de 100 ans de
l’Histoire du Cinéma et que les nouvelles générations puissent en apprécier
toutes les qualités.

Jean Marie Rodon

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